Réponse à nos contradicteurs

Chers collègues,

La Coordination des Universités Grenobloises souhaite apporter des commentaires à la pétition initiée par Francis Albarède.

Cette pétition met l’accent sur plusieurs points (repris ci-dessous entre guillemets), qui correspondent à des soucis également partagés par les personnels impliqués dans le mouvement actuel de refus des projets ministériels. Ce n’est pas sur le constat des carences de la situation actuelle que les opinions divergent, mais bien sur la méthode et les solutions à mettre en oeuvre. C’est précisément pour cette raison que nous demandons l’ABANDON du projet actuel de modification du statut des E-C afin d’entrer ENSUITE dans un processus de consultation de l’ensemble de la communauté universitaire puis de concertation et de négociation sur des propositions alternatives.

« Nous sommes néanmoins en faveur d’une réforme profonde du statut d’enseignant-chercheur, nécessaire à la modernisation de l’Université. »

NOUS AUSSI. C’est d’ailleurs une revendication de longue date. Les enseignants-chercheurs sont les premières victimes de charges de service d’enseignement et d’administration beaucoup trop lourdes.

Mais la modulation de service, au coeur du projet de décret de Valérie Pécresse, n’apporterait aucune réponse à ce problème de fond en l’absence de moyens supplémentaires et fournirait au contraire le moyen d’alourdir le service de presque tous et d’institutionnaliser une coupure définitive entre activités de recherche et d’enseignement.

« Il est inexact d’affirmer que le monde universitaire s’oppose (…) à toute autre réforme qui serait proposée à la suite d’une consultation raisonable. »

NOUS SOMMES D’ACCORD. Mais le décret proposé n’est absolument pas le fruit d’une « consultation ». Loin de résoudre les problèmes actuels, il en induirait de nouveaux, notamment via une concurrence exacerbée entre collègues, qui porterait préjudice à tous projets collectifs au sein des établissements.

« Nous nous inquiétons de l’image conservatrice du corps enseignant et des chercheurs que les médias propagent à la suite des grèves dans les universités et des manifestations.« 

C’EST EGALEMENT UNE DE NOS INQUIETUDES. Mais nous constatons que l’image dégradée des enseignants-chercheurs dans l’opinion publique est bien moins le résultat de grèves et manifestations que des propos répétés par certains médias politiquement orientés, ou par des hommes ou femmes politiques eux-mêmes, à commencer par le Président de la République.

En outre, contrairement à ce que cette pétition, centrée sur la seule question du statut des enseignants-chercheurs, peut laisser croire, le mouvement de contestation actuel porte sur l’ensemble des réformes conduites par le gouvernement, avec la même précipitation et la même absence totale de concertation, que ce soit sur la formation des enseignants, les statuts des personnels IATOS et des doctorants ou sur l’organisation de la recherche publique, notamment la réforme du CNRS.

C’est pourquoi les personnels des universités et des EPST, totalement solidaires les uns des autres, exigent l’abandon de ces réformes et l’ouverture de véritables négociations, qui n’auront de sens que si des moyens à la hauteur des enjeux sociétaux sont enfin accordés à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Advertisements

Poster un commentaire

Classé dans communiqués

Les commentaires sont fermés.