Les grands auteurs avec nous !

L’atelier d’écriture de textes parodiques de la journée du 5 mars a été productif : grâce à ce travail, se joignent à notre mouvement :

Et à l’occasion du Printemps des chaisesLa complainte du bloqueur, d’après Victor Hugo

D’après Victor Hugo, Contemplations

Trève à toutes ces vaines choses !
Nous sommes en nombre, sortons !
Laissons la Ministre à ses poses
Filer ses vaines péroraisons.

Méfiez-vous de ses promesses,
Derrière ses discours changeants
Se cachent des reformes traîtresses
Qui menacent les jeunes gens.

[…]

Sarko ta vie est mansardée
A ton petit ciel bas, plafond
De médiocrité sans idée,
Tes ânes gouvernent en rond.

Toutes ces réformes qui nous pressent,
Pire que peste et choléra,
Nous unissent contre Pécresse
Et tous ses décrets scélérats !

D’après Racine, Andromaque, acte I, scène 4

Madame, si vos refus ont fait couler des larmes,
Les universitaires n’ont pas rendu les armes ;
Et, dussent-ils encore de vos funestes lois
Demander le retrait une nouvelle fois,
Coutât-il tous les disques que Carla à fait vendre,
Dussé-je faire grève d’ici jusqu’à décembre,
Je ne balance point, je supprime mes cours,
Je défends le savoir ainsi que les concours.
Mais devant les périls où courent les UFR
Vous montrerez-vous digne de votre ministère ?
Ignorés de la presse, et laissés de côté,
Nous menons le combat pour l’université :
De vos offres trompeuses, qu’espère-t-on encore ?
Reconnaissez enfin le tyran qui s’ignore !
Gommez votre décret, oubliez vos soucis,
Quittez votre bureau, reniez Sarkozy !

D’après Racine, Andromaque, acte III scène 4

[Où fuyez-vous Madame ?
N’est-ce point à vos yeux un spectacle assez fou
Que l’université pleure à vos genoux ?
Je ne viens  point ici, par de simples alarmes,
Mais bien par ma révolte, vous faire rendre les armes.
Par une loi cruelle, hélas, j’ai vu briser
Le seul lieu où le savoir a le droit de cité.
Ma flamme par Allègre fut jadis allumée ;
Contre vous dans la rue elle s’est ravivée.
Et au soir de la rue, vous saurez quelque jour
Madame, du savoir jusqu’où va notre amour.
Et vous verrez alors, du moins je le souhaite
En quel trouble mortel votre projet nous jette.
Lorsque de tant de biens qui pouvaient nous flatter
c’est le seul qui  nous reste, et qu’on veut nous l’ôter.
Hélas ! Lorsque, lassés de vingt ans de misère,
Les chercheurs en courroux huent votre ministère;
Vous ne savez hélas qu’entendre Sarkozy.
Vous pouvez sur la Loi au moins autant que lui.
Que craint-on d’un ignare qui prépare votre perte ?
Laissez-moi vous le dire de manière plus diserte :
Si les enseignants-chercheurs cessent de chercher,
Les étudiants enfin n’auront plus qu’à pleurer.

D’après Ronsard

Masters, allez voir si Darcos
qui ce matin rongeait son os
en espérant mont et merveilles
de sa réforme mal pensée,
a point perdu cette vesprée
ses projets pleins d’oseille.

Car, voyez comme Nico se lasse
et veut que la colère se passe,
on sait que le décret va choir !
Ô vraiment, oui, quelle imposture
puisque l’idée même de culture
devrait obéir au pouvoir.

Donc, si vous croyez, Masters,
de peur que meure votre filière
ainsi que l’université,
criez, criez contre Pécresse,
sinon enfin cette traîtresse
aura tué la faculté.

Demain, dès l’aube… (Complainte du bloqueur)

D’après Victor Hugo

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

J’arriverai : campus, je sais que tu m’attends !
Je viderai les chaises, évitant la castagne,

Je ne puis demeurer sans rien faire plus longtemps…

Je marcherai les yeux fixés sur les travées,
Sans rien voir au dehors, sans écouter les compromis,
Sûr, volontaire, le dos courbé, les mains chargées,
Fort; et ce jour pour moi sera comme un grand cri.

Je ne regarderai ni l’or d’une promesse,
Ni les foudres au loin menaçant les bloqueurs,
Et quand j’aurai fini, je mettrai pour Pécresse

Un drapeau rouge et noir sur les chaises en fleurs!

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