Pouvons-nous voir M. Le Recteur SVP ? – Action RGP du 2/4/9

Dans le cadre des actions « RGP » proposées par la coordination nationale des universités, nous avions décidé à Grenoble le 2 avril d’investir le rectorat.

Nous nous sommes retrouvés une petite centaine devant l’Hôtel de ville. A 14h00, 5 d’entre nous sont partis devant pour entrer l’air de rien, et bloquer les portes : mais par manque de coordination, la foule a suivi, et tout le monde a fondu d’un coup sur le rectorat. Quand nous sommes arrivés devant, bien entendu, les portes étaient déjà closes. Du coup nous nous sommes rabattus sur le plan B : investir l’hôtel de ville pour interpeler les élus. Là tout le monde est entré tranquillement (certains ont même pris des tickets pour faire la queue !) et nous avons demandé un entretien avec M. le Maire, afin de connaître sa position par rapport aux réformes en cours. Le chef de Cabinet est venu nous informer que Destot n’y était pas, mais qu’il était possible de voir un adjoint, en
petite délégation, afin de lui parler. Nous avons refusé, et demandé à ce que l’adjoint vienne lui même dans le Hall entendre ce que nous avions à lui dire.

Nous avons demandé l’adjoint à l’enseignement (celle à l’Economie – Emploi – Université – Recherche (!) étant absente). Après plusieurs refus du directeur de Cabinet, qui s’inquiétait tout de même de nous voir nous incruster (et qui redoutait par dessus tout que nous restions la nuit), l’adjoint est finalement venu. Nous lui avons lu une déclaration écrite, que l’adjoint a prise pour la transmettre au maire M. Destot. Il a affirmé qu’il était d’accord avec nous. Nous lui avons ensuite demandé d’appeler le recteur, pour qu’il nous autorise à envoyer une petite délégation au Rectorat. Mais le Rectorat à répondu que le recteur était absent (ce qui était vrai, étant donné nos informations).

Au final, nous sommes gentiment sortis, et avons tenté un deuxième assaut du rectorat, plus tactique. Ce coup-ci deux ont réussi à entrer, mais par manque de soutien, ils n’ont pu bloquer les portes, et sont restés enfermés dedans. Du dehors, nous avons tenté d’ouvrir les portes coulissantes de force, mais elles se sont déboitées, et bloquées. Au bout d’un petit moment, les deux qui étaient dedans ont pu sortir par le garage.

Comme deux voitures de la BAC nous surveillaient, nous sommes repartis groupés vers le centre, dans l’intention de se disperser plus loin. C’était assez cocasse de voir les motards nous suivre jusqu’aux petites rues du centre, se demandant bien quel était notre prochain objectif…

A propos des élus locaux et du mouvement, lire aussi :

Monsieur le Député Maire,

Nous venons devant vous aujourd’hui fortEs de neuf semaines de mobilisation ininterrompue, mobilisation qui ne se dément pas.

Aucun des aménagements négligeables proposés par les ministres Darcos et Pécresse n’ont stoppé le mouvement. Les réformes qu’ils imposent, sans concertation et avec un mépris affiché de la communauté universitaire, conduisent nos universités à leur perte et les personnels à des conditions de travail toujours plus précaires. Les étudiants sont quant à eux destinés à s’endetter pour étudier, preuve que le service public d’enseignement, auparavant ouvert à touTEs, disparaît.

Nos revendications sont fortes et légitimes.

  • Nous ne voulons pas d’une masterisation qui détruit la formation des maîtres au profit d’une précarisation des futurs enseignants.
  • Nous ne voulons pas d’une université assujettie aux décisions sans appel d’un président et d’une poignée de personnalités extérieures.
  • Nous ne voulons ni d’un contrat doctoral unique mettant les thésardEs en compétition, ni d’un statut d’enseignant chercheur dont le service sera modulable en fonction de contraintes économiques.
  • Nous refusons les suppressions de postes inadmissibles, qui ont comme conséquence l’alourdissement des services des personnels en poste.
  • Toutes ces réformes sont liées à la loi LRU : nous réclamons son abrogation.
  • Nous réclamons le retrait des réformes en cours, ainsi qu’un plan de réinvestissement conséquent dans la recherche et l’université.
  • Nous réclamons une campagne d’ouvertures de postes dans les universités et les centres de recherche.

La colère qui anime aujourd’hui le monde universitaire ne s’éteint pas, et les ministres pyromanes soufflent les braises.

En tant que député-maire, en tant que partie prenante de la vie universitaire grenobloise, en tant qu’acteur du monde de l’éducation, nous vous demandons aujourd’hui de prendre publiquement position sur les réformes engagées.

Nous vous demandons d’assurer votre soutien aux personnels et étudiants grévistes.

Nous vous demandons d’intervenir auprès du ministère pour défendre nos positions.

Le savoir n’est pas une marchandise, l’université n’est pas une entreprise : nous vous appelons à vous engager et à agir pour préserver le service public d’enseignement.

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