Enseignants-chercheurs : pourquoi ce n’est pas le moment de flancher

  • Parce que malgré quelques concessions marginales le gouvernement n’a rien lâché sur le fond du projet : l’université de demain ne sera plus un service public accessible à tous, mais une constellation d’établissements inégaux, lancés dans une concurrence impitoyable et faussée dès le départ, jouant le rôle d’opérateurs dans le grand marché de la formation et de la connaissance.
  • Parce que c’est nous qui avons lancé ce mouvement, nous qui avons entraîné les étudiants et les BIATOS à notre suite, et qu’il serait indigne de les lâcher alors que les seules concessions qui ont été faites regardent notre statut (outre le report des nouveaux concours).
  • Parce que c’est nous qui détenons les clés du pouvoir symbolique avec la question des examens, et les clés du rapport de force avec la question des jurys.
  • Parce que l’immense victoire de ce mouvement – impensable il y a trois mois – c’est d’avoir tenu jusqu’à la fin du deuxième semestre, c’est-à-dire jusqu’au moment où la question des examens va enfin permettre de faire exploser le couvercle médiatique, et de multiplier par 10 le rapport de force. Ensemble, avec les étudiants, nous pouvons trouver les moyens d’utiliser cet immense levier symbolique que sont les examens, tout en conservant les marges de manœuvre qui permettront au final de valider l’année.
  • Parce que c’est maintenant, que la peur nous gagne, que nous avons le plus de chances de gagner. Cette peur est le signe que nous sommes en train de franchir un seuil, et qu’au-delà de ce seuil nous gagnerons un pouvoir inédit : celui de provoquer une peur bien plus grande chez le gouvernement. Cette peur qui est la nôtre, qui est celle des étudiants, qui est celle de leurs parents et de leurs familles, c’est la garantie que nous allons enfin être audibles, et afficher calmement nos intentions et nos revendications, qui bénéficient d’un très large consensus au sein de la communauté universitaire.
  • Parce que la peur de repousser les examens compte si peu face à la peur de perdre l’essentiel de ce qui fonde notre université : sa mission émancipatrice, son indépendance, son universalité, sa liberté scientifique.
  • Parce que si nous échouons maintenant, nous ne nous battrons plus demain. L’an prochain, lorsque la mastérisation sera renégociée, il n’y aura plus de rapport de force. Le gouvernement aura toutes les cartes en main, et il n’y aura rien à attendre des discussions : n’oublions pas que nous n’avons pas en face de nous un partenaire fiable et responsable, ouvert au dialogue. Il n’a pas cessé d’en donner la preuve. Aujourd’hui tout est possible. Demain, tout sera perdu.
  • Parce que, enfin, le rapport de force est en notre faveur. Le gouvernement et les médias tentent depuis des semaines de marginaliser le mouvement en pratiquant une intoxication systématique (seules 20 université seraient touchées ! dixit Pécresse en mars et Fillon en avril). Regardons les choses en face : le noyau dur du mouvement est plus que jamais déterminé. Il n’a fait que croître depuis janvier, depuis que les étudiants et les administratifs ont rejoint le mouvement. Les blocages, reprises, déblocage vont et viennent, et fluctuent au gré des vacances. Mais la détermination ne cesse pas de se durcir. Ce noyau dur, même s’il ne représente que 10% de notre communauté, est suffisant pour maintenir la mobilisation (il a été suffisant pour la créer), fort du large consensus qui s’est établi autour de nos revendications.

Enseignants-chercheurs, nous sommes arrivés à la croisée des chemins. Nous avons su montrer à quel point nous étions déterminés et imaginatifs. Maintenant, tout est question de stratégie et de courage. Battons-nous, jusqu’au bout, au côté des étudiants, des biatos, des enseignants et des chercheurs !

  • Ronde des obstinés : soyons des dizaines !
  • Le 28 avril (gare, 14h) soyons des milliers !
  • Le 1er mai (gare, 10h) soyons des millions !
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