L’Université Stendhal Grenoble 3 n’abdique pas et préserve son autonomie pédagogique et scientifique

Communiqué du 26/5/9 de la FercSup CGT Université Stendhal, du SnesUp Grenoble, de Sud Education Université Stendhal, des personnels mobilisés de l’Université Stendhal – Collectif MARRE – Sauvons l’Université (Université Stendhal)

La forte mobilisation des personnels et des étudiants de l’Université Stendhal a conduit l’équipe présidentielle de l’université Stendhal, en concertation avec les étudiants et personnels mobilisés, à proposer l’organisation de jurys de validation / obtention, permettant :

  • de mettre en œuvre un dispositif pédagogique adapté aux besoins des étudiants et répondant à la disparité des situations existantes au sein de l’université ;
  • de définir un programme et des objectifs de travail, au terme d’une approche concertée au sein des équipes pédagogiques et en lien avec les étudiants ;
  • de valider le deuxième semestre sur la base d’un travail personnel et d’un entretien devant jury chargé d’évaluer les aptitudes et les connaissances des étudiants ;
  • de garantir au-delà de cette fin d’année, un soutien et un renforcement disciplinaire aux étudiants pour lesquels il s’avérerait nécessaire.

Cette proposition est battue en brèche par la Ministre de tutelle qui, bien loin de s’inquiéter de la  transmission des savoirs ou de la réussite du plus grand nombre, et sans tenir compte du caractère extraordinaire de cette fin de semestre, voudrait nous imposer une évaluation hâtive, voire bâclée.
En menaçant notre Université du tribunal administratif, en refusant de reconnaître la validité de nos diplômes si nous maintenions cette modalité pourtant inscrite dans le cadre réglementaire de l’université en accord avec les textes en vigueur, la ministre Pécresse va au bout de sa logique d’instrumentalisation de la question des examens à des fins de pure communication politique.

Elle défend ainsi une conception bien particulière de l’autonomie qu’elle entend imposer aux universités : une autonomie qui ne vaut que par l’assujettissement qu’elle impose aux universités sur les questions pédagogiques et scientifiques, à ses propres visées.
Qui oserait prétendre que c’est au ministre, aussi éclairé soit-il, qu’il revient de prendre les décisions pédagogiques les plus adaptées à la situation concrète que vivent nos étudiants ?
Qui, sinon les enseignants de notre université, sont les mieux à même de définir les objectifs de formation, et les moyens de les atteindre pour nos étudiants ?

Parce que nous n’avons pas d’autres buts que de protéger les étudiants contre un Gouvernement qui s’en lave les mains – voire qui serait prêt à sacrifier des milliers d’étudiants pour faire un exemple -, parce que nous pensons que la discussion et la négociation sont les seules voies pour définir ensemble notre avenir, parce que nous entendons défendre l’autonomie pédagogique et scientifique de notre université, nous avons accepté un compromis qui ne signe pas la fin de notre mouvement, bien au contraire : afin de poursuivre la mobilisation sans faire payer aux étudiants de troisième année de licence le prix de l’incurie et du mépris du Gouvernement, nous acceptons que les évaluations soient organisées, pour la troisième année, dans le cadre des modalités de contrôle des connaissances votées, sur la base des enseignements effectivement dispensés.  Les première et deuxième années de licence bénéficieront du dispositif des jurys d’obtention-validation.

Notre souci de maintenir l’unité de l’université et de respecter les avis de la majorité de ses membres, notre volonté de trouver une issue à la situation actuelle en mettant en oeuvre une solution concertée, nous ont rendus encore plus solidaires et déterminés.

Oui Madame Pécresse, nous sommes toujours debout, forts d’une mobilisation sans précédent et d’une très large prise de conscience du caractère destructeur, néfaste, de vos réformes : notre communauté dans son ensemble réaffirme l’incompatibilité fondamentale de la LRU avec un service public de qualité accessible à tous.
Tant que le Gouvernement persistera, et fermera la porte à une véritable concertation de notre communauté, nous lui opposerons la résistance de notre détermination.

Le mouvement continue, et il prendra d’autres formes dans les semaines et les mois à venir. Comme l’affirmait avec force la dernière CNU : « les universités entrent en résistance ».
Résistons !

FercSup CGT Université Stendhal – SnesUp Grenoble – Sud Education Université Stendhal
Les personnels mobilisés de l’Université Stendhal – Collectif MARRE (Mobilisés pour une autre réforme de la recherche et de l’enseignement) – Sauvons l’Université (Université Stendhal)

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