AG de la recherche grenobloise – 4 et 5 juin 2009

Les personnels de la recherche grenobloise se sont réunis en AGs le 4 juin sur le campus et le 5 juin sur le polygone scientifique. Ils ont voté un certain nombre de motions, présentées ci-dessous, pour réagir aux attaques frontales contre le système de recherche français. Nous attirons notamment votre attention sur la proposition de remettre les rapports d’activité et de prospective des laboratoire de la vague A (concernant toutes les unités grenobloises) non pas à l’AERES mais aux commissions des organismes et des universités (Comité National du CNRS, commissions INSERM, INRIA, sections du CNU) et en demandant à ces commissions d’effectuer elles-mêmes l’évaluation des laboratoires, couplées à l’évaluation de leurs personnels, et de participer à des comités de visite intégrant des discussions avec tous les personnels des laboratoires y compris les ITA (personnels administratifs et techniques).

Motion 1

Les personnels de la recherche du campus universitaire de Grenoble, réunis en AG le 4 juin, et les personnels CNRS du polygone scientifique réunis le 5 juin en AG, condamnent très vigoureusement les attaques frontales contre le système de recherche français, combinant déstructuration des EPSTs, fermeture et fragilisation des laboratoires, diminution des postes statutaires de chercheurs et d’ITAs, précarisation des jeunes, orientation des stratégies de recherche par l’ANR vers des projets à courts termes et à retombées applicatives, évaluation opaque des laboratoires par l’AERES, élimination systématique de toute représentativité de la communauté scientifique dans les structures d’évaluation, de décision, de pilotage. Ils dénoncent la casse méthodique du CNRS, qui s’exprime sur tous les aspects, structures, laboratoires, personnels, budgets, prospective, évaluation, et montrent sans ambiguïté la volonté du Gouvernement de faire disparaître cet outil essentiel au service d’une recherche libre, créative et efficace couvrant tous les secteurs de la connaissance. Ils condamnent également la manière dont la direction du CNRS accompagne en permanence cette politique de destruction. Ils indiquent leur volonté de ne pas céder face à cette politique désastreuse pour la recherche française, et à rester mobilisés à court, à moyen et à long terme pour définir en permanence les moyens de s’y opposer.

Motion 2

Les personnels de la recherche du campus universitaire de Grenoble, réunis en AG le 4 juin, et les personnels CNRS du polygone scientifique réunis le 5 juin en AG, appellent les personnels des laboratoires de la vague A à marquer leur refus d’une politique de recherche aux conséquences désastreuses pour leurs équipes et leurs personnels en poussant les directeurs d’unités à remettre leurs rapports d’activité et de prospective aux commissions des organismes et des universités (Comité National du CNRS, commissions INSERM, INRIA, sections du CNU) et en demandant à ces commissions d’effectuer elles-mêmes l’évaluation des laboratoires, couplées à l’évaluation de leurs personnels, et de participer à des comités de visite intégrant des discussions avec tous les personnels des laboratoires y compris les ITA.

Motion 3

Les personnels de la recherche du campus universitaire de Grenoble, réunis en AG le 4 juin, et les personnels CNRS du polygone scientifique réunis le 5 juin en AG, appellent au boycott du CTP du CNRS du 11 Juin prochain et du CA du CNRS le 25 juin prochain et au refus de débattre d’un Contrat d’Objectifs (destructeurs) sans Moyens, tant que des engagements clairs n’auront pas été pris sur 6 points essentiels :

  • Maintien du CNRS comme opérateur de recherche couvrant tous les secteurs de la connaissance
  • Maintien de la présence du CNRS et des EPSTs dans la gestion des UMRs
  • Renforcement des moyens récurrents de laboratoires
  • Engagement sur un plan d’emploi qui préserve les flux de chercheurs et d’ITA et renforce les capacités de délégation pour les enseignants chercheurs
  • Rétablissement du rôle d’évaluation des laboratoires et des personnels par les commissions des organismes et des universités (Comité National du CNRS, commissions INSERM, INRIA, sections du CNU)
  • Abandon de la politique d’individualisation des salaires, par le biais des primes

Motion 4

Les personnels de la recherche du campus universitaire de Grenoble, réunis en AG le 4 juin, et les personnels CNRS du polygone scientifique réunis le 5 juin en AG, appellent au maintien et au développement du moratoire sur les expertises ANR et AERES

Motion 5

Les personnels de la recherche du campus universitaire de Grenoble, réunis en AG le 4 juin, et les personnels CNRS du polygone scientifique réunis le 5 juin en AG, appellent à la mise en place dès la rentrée d’AGs de laboratoires, de sites et de délégués de laboratoire, et d’actions susceptibles de renforcer la mobilisation.

Motion 6 : Retrait du Contrat d’Objectif 2009-2013 du CNRS avec l’Etat

Le rapport d’étape de la RGPP publié mi-mai, concernant le ministère de l’Enseignement Supérieur et la Recherche, annonce : « Le nouveau contrat et la réforme statutaire du CNRS seront effectifs avant la fin de l’année 2009. »

Dans le texte du contrat Etat-CNRS pour 2009-2013, le but du gouvernement a été clairement établi : « La cible que se donne le CNRS est d’être à l’issue de ce contrat avec l’état (2013) davantage agence de moyens qu’opérateur ».

Ce contrat planifie:

  • La transformation du CNRS en une coquille vide : chaque institut aurait ses propres contrats, ses missions spécifiques, et ses structures extra-CNRS :
  • Alliance des sciences de la vie pour l’institut de biologie, universités pour celui de SHS, une structure inter-organisme pour l’INST2I … ;
  • L’abandon de la gestion des laboratoires par le CNRS avec leur transfert aux universités « autonomes »;
  • L’évaluation des activités de recherche sur la base de « performances » (nombre de publications, nombre de contrats, de brevets, facteur h…), pour mettre sous pression et en concurrence chercheurs et labos ;
  • La baisse du recrutement CR2 au profit des « chaires d’excellence » ;
  • La généralisation de la précarité ;
  • L’attribution de « moyens » financiers et humains en fonction des « performances » et des « priorités scientifiques » ;
  • Une politique de primes individuelles « variables sur objectifs »;
  • de « garantir la fluidité des mobilités entre les instituts et entre les sites géographiques, en particulier pour les ITA », et « promouvoir la mobilité HORS CNRS ».

Ce contrat prépare la destruction du statut des chercheurs et des ITA.

L’assemblé Générale des personnels du CNRS Grenoble, réunie le 5 juin 2009 condamne ce Contrat dans son Intégralité. Elle exige son retrait pur et simple. Rien n’est négociable dans ce Contrat, tout est à rejeter ! Elle appelle les représentants syndicaux à boycotter le Comité Technique Paritaire et le Conseil d’Administration du CNRS de fin juin qui a pour mission de l’avaliser.

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