Réponse de LO au questionnaire de SLU

Réponse au courrier du 13/2/10 et au questionnaire de SLU

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Question n° 1

Les régions doivent-elles accompagner, voire favoriser la constitution des pôles universitaires, laissant aux établissements qui n’en font pas partie un enseignement coupé de la recherche ? Quelles mesures envisager pour lutter contre les dérives de l’inégalité territoriale alimentée et renforcée par le plan Campus, le plan de relance et le Grand Emprunt ?

Lutte Ouvrière est solidaire de toutes les luttes menées ces dernières années par les universitaires comme par les étudiants pour exiger des moyens supplémentaires pour la recherche publique et pour l’enseignement. Seule une politique nationale pourrait assurer une plus grande égalité entre les Régions, c’est-à-dire entre les étudiants ou les chercheurs. Mais il faudrait pour cela en finir avec les attaques sur les services publics et avec les suppressions d’emploi. Il faudrait donc en finir avec la dictature que les capitalistes, qui sont les vrais maîtres de l’économie et qui tirent les ficelles des marionnettes politiques qui s’agitent au gouvernement ou dans les exécutifs régionaux. Seule une lutte déterminée et d’ensemble du monde du travail pourra le faire.

Question n° 2

Quelle contribution les régions peuvent-elles apporter au développement du financement pérenne des structures de recherche ? Comment les régions comptent-elles réagir au développement, souhaité par le Ministère, des fondations universitaires ?

Si elles le voulaient, les régions pourraient, au mieux compenser dans une faible mesure, étant donné leurs faibles moyens et leurs faibles pouvoirs, le désengagement de l’Etat. Des conseillers régionaux désireux de défendre la recherche publique, et non le soutien direct ou indirect aux entreprises privées, devraient pour le moins être solidaires des chercheurs qui refusent depuis plusieurs années cette évolution. S’ils étaient élus au conseil régional, les candidats de lutte ouvrière seraient les porte-parole de ceux qui se battent pour que la recherche publique obtiennent les moyens matériels et humains indispensables.

Question n° 3

Comment les régions peuvent-elles s’engager à garantir cette nécessaire articulation entre formation et professionnalisation, entre formation disciplinaire et formation professionnelle ?

Les responsables politiques de gauche comme de droite qui dirigent les régions peuvent toujours « s’engager à garantir » ce qu’ils veulent, ce ne sont que des paroles creuses. Tout ce qui pourrait être dit ou écrit sur ce point n’aurait aucun sens si dans le même temps l’économie continue de s’effondrer, les entreprises de licencier par centaines de milliers, y compris des salariés hautement qualifiés et « formés ». Au fond, pour assurer un avenir à ceux qui se trouvent dans les parcours de formations généralistes ou professionnelles, c’est de se battre pour que les travailleurs imposent par leurs luttent l’interdiction des licenciements, le partages du travail entre tous sans diminution de salaires et le contrôle sur les comptes des entreprises. Cela peut paraître loin des problèmes concrets des étudiants, mais en fait, c’est la seule façon de poser le problème de façon juste et non démagogique. Renoncer à changer la société, c’est accepter au fond que les capitalistes choisissent qui ils veulent recruter, à quel niveau, dans quel domaine et quand ils veulent s’en séparer. Ce n’est pas notre choix.

Question n° 4

Lorsque des décisions importantes sont en jeu, les conseils régionaux acceptent-ils d’organiser en leur sein des délibérations où les enjeux sont posés, et de demander à leurs représentants de suivre l’avis de l’assemblée ?

Cette question montrent bien que les exécutifs régionaux et l’Etat, même quand ils prétendent être de bord opposés, s’entendent sur l’essentiel et ce sur le dos des enseignants comme des étudiants. Il est donc vain d’espérer quoi que ce soit de ces conseils régionaux en la matière. Tous ceux qui veulent sincèrement défendre les intérêts de l’enseignement et de la recherche publique ne doivent compter que sur leurs propres luttes, comme ils ont pu le faire ces dernières années dans les rues, en popularisant leurs revendications. Au fond, les universitaires sont dans la même situation que les autres salariés, ils doivent prendre conscience que leurs forces reposent dans leur capacité à faire changer les choses par eux-mêmes et de la façon la plus collective possible.

Question n° 5

Comment les régions, notamment par le biais de leurs représentants aux conseils d’administration, peuvent-elles veiller à la défense du statut de fonctionnaire d’Etat de la majorité des personnels universitaires ? Comment peuvent-elles lutter contre la précarisation des statuts dans l’enseignement supérieur et la recherche ?

Sur le plan juridique, il existe peut-être des moyens de ralentir la régression en cours et la précarisation généralisée. Mais ce serait vraiment illusoire de croire que des résolutions ou des votes dans des conseils d’administration suffiront à inverser cette tendance engagée sous tous les gouvernements depuis plus de vingt ans. La crise générale dans laquelle l’économie capitaliste est entrée, comme l’exemple de la Grèce le montre tragiquement aujourd’hui, indique bien que c’est à une offensive générale contre le monde du travail à laquelle nous avons à faire et contre laquelle nous devons nous battre. L’ensemble des salariés de la fonction publique, quels que soient leurs statuts, se trouvent en première ligne dans les attaques actuelles. Nous ne devons pas nous laisser diviser entre salariés à emploi « statutaire » et précaires. C’est tous ensemble que nous aurons à nous battre, et cela ne passera pas par les conseils régionaux. Des élus de Lutte ouvrière pourraient tout au mieux, et ils s’y engagent, se faire les porte-parole de ces intérêts au sein du conseil régional. Ils pourraient y dénoncer le désengagement de l’Etat et la complicité des élus locaux. Ils affirmeraient leur solidarité vis-à-vis de ceux qui se battent contre la logique du profit dans l’enseignement, comme dans le reste de la société.

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