Réponse du NPA au questionnaire de SLU

Réponse au courrier du 13/2/10 et au questionnaire de SLU

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Chambéry, le 7 mars 2010

Mesdames, Messieurs, cherEs camarades de SLU !,

En matière de politique universitaire comme dans tous les autres domaines, nous pensons que la priorité est de s’opposer radicalement aux mesures délétères du gouvernement Sarkozy et de créer un front unitaire de mobilisation contre sa politique, à commencer par la loi LRU, la mise en concurrence des universités entre elles, la suppression de postes de titulaires, la remise en cause du statut des fonctionnaires, le démantèlement du CNRS au profit de l’ANR et la précarisation croissante de jeunes chercheurs, des enseignants comme du personnel des bibliothèques, des services et des administratifs (BIATOSS).

Malgré des compétences très limitées dans ce domaine (ce qu’il faut souligner), les Régions et leurs conseillers devraient être un appui à cette perspective de défense des services publics et une sorte de « bouclier », dans la mesure de ses possibilités, face à un désengagement croissant de l’Etat et au poids des intérêts privés dans l’orientation des politiques gouvernementales. Pourtant, la majorité régionale PS-Verts-PCF du Rhône Alpes s’est contentée d’accompagner, le plus souvent, la politique du gouvernement. Elle a tout d’abord refusé de soutenir les luttes contre la politique de casse du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche qui se sont développées ces dernières années. Je prendrai un seul exemple : alors que certains présidents d’université envoyaient en 2007 la police et des « milices » (agents de sécurité privés) contre les manifestants, en particulier à Lyon II et à Grenoble II, j’avais proposé au conseil régional de geler les subventions aux universités dont les présidents mèneraient une répression contre leurs propres étudiants. Dois-je préciser qu’aucun des groupes de la majorité n’a voulu soutenir cette proposition, se faisant ainsi indirectement complice de la répression policière qui s’est abattue sur la jeunesse ?

Sur le plan des réformes, non seulement, la région ne s’est pas opposée à la politique régressive de Pécresse et de ses amis, mais elle l’a souvent accompagnée et parfois même devancée… Dans les CA des établissements, les représentants des régions ont milité pour que les représentants extérieurs puissent avoir le plus de poids possible. Ils ont aussi pesé pour que les établissements entrent dans les PRES, superstructures aboutement pas démocratique en termes de fonctionnement et de représentation et qui s’inscrivent dans la politique universitaire de ce gouvernement. Ils ont aussi fait dépendre leurs subventions du degré d’intégration des universités dans des projets de mise en concurrence des établissements et de soumissions aux impératifs du patronat, qui caractérisent la politique menée aux niveaux national et européen dans le sillage du processus de Bologne. Cerise sur le gâteau : la région Rhône Alpes a financé à fonds ouverts l’enseignement supérieur privé (à Lyon), alors que la loi ne l’y oblige pourtant pas….

Mr Queyranne se vante d’avoir considérablement augmenté les subventions aux universités, ce qui est en soi problématique puisque les régions n’ont pas à pallier le désengagement de l’Etat. Mais il est surtout scandaleux que l’essentiel de cet argent soit passé dans des programmes de soutien à « l’incubation », autrement dit à la création par des chercheurs issus du service public d’entreprises privées, ou à l’alimentation des pôles de compétitivité créés par le gouvernement. Il est particulièrement scandaleux que l’argent public injecté dans ces pôles de compétitivité soit passé directement, et sans aucun contrôle, dans les caisses de grandes entreprises, dont certaines (comme Renault Trucks, Alcatel ou Salomon) ont licencié sans rembourser le moindre centime des subventions qu’elles avaient reçues. Par ailleurs, les programmes de recherche financés par ces pôles de compétitivité n’ont souvent aucune utilité sociale et écologique avérée, l’industrie de l’armement et les nanotechnologies y jouant un rôle très important dans notre région, à l’image du projet GIANT en Isère.

Durant ce mandat, j’ai systématiquement voté contre les subventions aux pôles de compétitivité et aux programmes « d’incubation », considérant que l’argent public n’a pas à alimenter les profits privés. En revanche, j’ai soutenu tout ce qui relevait de subventions aux structures du service public : bourses d’échanges étudiants, soutien aux programmes de recherche des laboratoires universitaires, appui à des recherches doctorales, soutien au bâti dans les campus qui en ont le plus besoin, etc… Pour le prochain mandat, les élus du NPA continueront à adopter cette position et s’engagent, tout particulièrement, à soutenir les luttes des étudiants et des personnels contre la casse du service public d’enseignement supérieur et de la recherche, mais aussi tout programme qui permettrait d’assurer un soutien réel aux étudiants, dont la paupérisation ne cesse de croître, en particulier pour ce qui concerne l’accès à un logement.

Avec mes salutations militantes

Pour la liste Anticapitalistes, « Tout changer, rien lâcher »

Myriam Combet

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